Attendre
La patience.
Moment d’éternelle angoisse.
Tourner, avancer, virevolter.
Regarder, observer.
Réactualiser toutes les 2 minutes.
Se sentir parfois pathétique.
Avoir des crampes.
Nourrir l’imaginaire.
De scénarios impromptus
Et impossibles.
Mais y rêver quand même.
La patience.
Espérer un signe.
Espérer un mot.
Espérer un oui.
S’imaginer des bras, un regard.
S’imaginer des lèvres, des seins.
S’imaginer un rire, une démarche.
S’accrocher à un peut-être.
S’emballer d’un mot.
Se pâmer d’un sourire.
Vivre sur quelques mots offerts.
Un secret avoué.
Une envie glissée.
Un désir offert et murmuré.
Bander d’espoir.
Érectionner d’images imaginées.
Éjaculer des à-venir.
D’avenir.
Puis, retrouver une lucidité.
Attendre sagement.
Être certain du bien-fondé.
Sans un doute.
Sourire.
De se questionner.
Sourire, d’être impatient.
Impatient d’une inconnue.
Dont on sait si peu.
Jouer des sous-entendus.
Des mises-en-garde.
Tenter d’outrepasser les avertissements.
Relancer.
Redire.
Encore et encore.
Taquiner.
Répéter.
Redire sans redoute.
Sans douter.
Montrer de l’impatience.
Au bon moment.
C’est un art.
L’art au service d’une volupté possible.
Je ne cesserai d’attendre…
Jusqu’à ce que vous cédiez…
Et ensuite, je vous embrasserai.
Petites vacances, je serai absent jusqu’à la semaine prochaine. Et je reviendrai avec d’autres scénarios fous, des envies renouvelées et des désirs décuplés.
Rebelle (suite et fin)
Son sourire à ce moment trahissait d’une manière évidente son plaisir coupable. Elle savait que ce qu’elle faisait était interdit, mais ne savait s’arrêter, ni ne voulait que ça se termine. Elle venait de basculer. Les mains de l’homme semblaient partout sur elle, explorant son corps avec frénésie et minutie. Il tripotait ses seins, ses fesses, ses cuisses avec conviction et ardeur. Son désir d’elle était si présent, qu’elle en était bouleversée. Il frottait son membre durci sur ses cuisses avec entrain, respirant fort tout près de son visage. Elle était follement excitée. Elle sentait un fleuve envahir ses sous-vêtements. Il y avait longtemps qu’elle n’avait eu le sentiment de jouir, d’avoir un orgasme juste à se frotter contre un homme ou le sentir l’envahir comme il faisait. Elle fermait les yeux et laissait son corps subir les assauts et le plaisir la submerger.
Puis, après une bouffée de chaleur extrême, il se calma, elle également. Il lui murmura à l’oreille qu’ils devraient se diriger vers sa voiture. Elle suggéra sa camionnette, ayant plus de place que la petite voiture de l’homme. Il accepta. Tout en marchant, elle sentait les mains de l’homme la caresser partout, empoignant parfois son cul fermement, parfois son bassin avec force. Elle riait et aimait follement être ainsi manipulée.
Aussitôt dans la camionnette, il l’empoigna avec vigueur, la virevoltant, la retournant pour l’embrasser encore avec autant de passion que contre l’arbre. Il lui murmurait qu’elle était si belle, si désirable. Ces mots la fouettaient. Elle avait envie de devenir garce, de devenir chatte, de minauder, de rugir, de grogner… Il arracha presque son manteau de force, elle en fut surprise et très excitée. En embarquant sur elle, il glissa la main sur le côté du siège pour abaisser celui-ci. Sur le dos, il glissa ses mains sur son cul et d’un geste brusque il retira avec force la jupe. Ainsi exposée en sous-vêtement elle se cambra. Il défit les boutons de son chemisier avec délicatesse, un contraste frappant avec la brusquerie manifestée jusqu’à maintenant, mais un très excitant contraste.
Il la regardait ainsi, vêtements ouverts avec une telle envie, un tel désir dans le regard qu’elle se sentait à la fois intimidée et amoureuse. Il souleva avec beaucoup de doigté son soutien-gorge pour exposer ses seins durs et pointés. Elle poussa un soupir libérateur. Il lui dit que ses seins étaient magnifiques avant d’y plonger, de les suçoter, de les mordiller, de lécher ses mamelons, laisser sa langue tourner les auréoles, suivre des chemins tortueux, aspirer avec délicatesse ses mamelons érigés. Elle gémissait. Puis, d’un geste surprenant, il retira sa culotte, exposant son pubis à son regard. Surprise, elle se laissa faire avec abandon. Il écarta ses cuisses avec fermeté, ne laissant aucune chance à la pudeur de s’installer. Elle n’en avait d’ailleurs aucun désir, elle voulait qu’il la voit, qu’il la reluque, qu’il la décrive du regard, qu’il la scrute entière. Jambes totalement écartées, elle s’abandonnait à cet homme comme elle n’avait jamais osé s’abandonner même à son mari. Elle savourait sa pornographie du moment. Elle se voulait femme et libre d’être exposée au regard de cet amant.
Il plongea son visage entre ses cuisses pour aller la savourer à cet instant. Elle cessa de respirer tellement la sensation était envahissante. La langue de l’homme était bonne, très habile et complètement enivrante. Elle a joui. Un orgasme puissant, incontrôlable, furieux et volcanique ! Si rapide. Si imprévisible. Hors contrôle. Elle répétait sans cesse : oh mon Dieu… sans s’en rendre vraiment compte.
Puis l’homme se releva. Il défit son pantalon pour le glisser au sol, enleva son chandail et descendit son boxer du même souffle pour exposer son membre dressé, dur et gonflé devant elle. Elle fut saisie. Elle regardait la queue avec désir. Il était plus petit que son mari, mais elle était certaine de n’avoir jamais vue de queue plus appétissante qu’à ce moment là. Il lui dit : suce-moi. Elle n’attendit pas une deuxième fois avant d’engouffrer le membre dans sa bouche, qu’elle suça avec un plaisir rarement ressenti.
Après de longues minutes, elle se retomba sur le dos, écartant de nouveau les cuisses et dit : baise-moi maintenant. L’homme agrippa les cuisses de la femme avant de s’introduire illico au fond d’elle. Une pénétration vigoureuse, un rythme fou, des va et vient d’une vigueur, d’une intensité hors de contrôle. Il la prenait avec rage. Elle le voulait intense et fou. Elle perdait la carte et laissait alors sa rebelle sortir, prendre la place qui lui revient. Elle gémissait, elle criait presque. Des mots d’une vulgarité surprenante sortaient de sa délicate bouche. Elle exultait enfin. Elle vivait.
Et ils jouirent en symbiose, d’une manière explosive. L’homme retomba lourdement sur elle. Elle aimait profondément son poids qui l’écrasait, le poids du désir manifesté. Elle lui caressait doucement le dos du bout de ses doigts. Il l’embrassait de petits bécots doux dans le cou, tout près de l’oreille.
Rebelle (la suite)
Elle l’attendait, assise tranquille, sirotant son café, si bien, si joyeuse. Encore un bon 20 minutes avant qu’il n’arrive… mais tient… ça lui ressemble, petit, costaud, lunettes, bien mis… déjà ? Il est en avance. Pour elle ? Non, assurément du type toujours en avance.
Il est arrivé directement face à elle, souriant et simple, franc et aucunement intimidé ni nerveux. Son bonjour était vif et expressif. Oh, elle avait le béguin c’est certain, ce serait un bel après-midi. Il tira une chaise et s’assied devant elle. Il entreprit immédiatement la conversation, charmant et enthousiaste. Il savait s’y prendre, laissant parfois des silences évocateurs, des possibilités de répliques sinon, il relançait la conversation avec toujours des sujets intéressants. Parfois, il lui glissait comme il la trouvait belle. Elle rougissait un peu, regardant ses doigts s’emmêler de gêne. Il osa même, un moment, lui caresser le visage, glissant ses doigts sur sa joue. Elle sentit la chaleur l’envahir, il murmurait… oh difficile de résister. L’homme savait murmurer aux femmes.
Ils ont décidé de sortir, marcher tout près, dans ce parc. Il faisait un peu froid, mais c’était tolérable. Il lui a offert son bras, qu’elle prit avec joie. Ils marchaient en diapason, au même rythme. Soudainement, au bout d’un chemin, il l’a pris par la taille et pivotant ensemble, elle se retrouvât dos à un arbre et cet homme collé à elle. Le poids de son corps faisait pression. Elle aimait beaucoup. Il la regardait dans les yeux, elle voulait fondre. Il lui déplaça une mèche de cheveux avant de l’embrasser. Elle sentit cette chaleur intense la traverser entièrement. Elle agrippa les bras de l’homme et se laissa transporter par l’intensité du baiser. Des lèvres si douces, il cherchait à insérer sa langue et elle entrouvrit un peu sa bouche pour le laisser s’infiltrer en elle, avec joie. Elle avait l’impression que leurs salives s’amalgamaient, leurs langues se complétaient, leurs lèvres se fusionnaient. Elle savourait le baiser avec un bonheur décuplé. Elle retrouvait le plaisir d’embrasser. Sous le soleil qui perçait les nuages, le petit vent doux et la neige qui fondait doucement, elle retrouvait à cet instant le bonheur intense d’embrasser.
(à suivre)
Rebelle…
Toute femme est une rebelle, généralement en révolte contre elle-même.
Oscar WILDE
Longtemps, elle savait qu’elle céderait. Ce matin là, en prévision de ce diner avec le bloggeur, moi à l’occurrence, elle savait qu’elle jouait ses grands principes. Elle acceptait les conséquences, trop intriguée à l’idée d’outrepasser ses croyances. Il l’avait convaincue de finalement cesser de suivre des images préfabriquées de bonheur factice et de ne suivre que ses instincts qui la rongeaient depuis si longtemps.
Elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance, qu’il ne l’amènerait qu’aux endroits où elle voulait se réfugier, pour commencer son périple. Mais elle savait aussi qu’il n’accepterait aucun non comme excuse, parce qu’elle le lui avait expressément demandé, par crainte de se dégonfler… ce qu’elle ne voulait dorénavant pour rien au monde.
Maman aimante de quatre merveilleux enfants, l’équilibre parfait, deux gars deux filles, deux à l’école, deux encore en garderie, un mari aimant, ami et amoureux, stable, fort, beau et très droit. Maman avec encore beaucoup de charme, charme qu’elle n’avait d’ailleurs jamais perdu, mais qu’elle croyait usé par sa vie familiale. Maman dévouée à sa famille, ses enfants et sa maison. Femme mise de côté pour être maman parfaite. Maman impliquée, maman empathique, maman serviable. Femme éteinte.
Elle fouinait sur les blogs pour lire la vie des autres, en riant, se disant qu’elle ne ferait jamais ça… elle. Puis elle a osé par hasard me laisser un court commentaire, banal, rien d’engageant. Elle avait apprécié un de mes textes sur les mamans à la libido stratosphérique… ne comprenait pas mon attrait… mon désir. Nous avons longuement échangé par courriel, par lettres manuscrites puis par téléphone avant de se fixer un rendez-vous pour un lunch, un midi.
Elle se préparait ce matin là comme si elle savait qu’elle oserait. Pourquoi ? Pourquoi maintenant, pourquoi lui ? 32 ans et jamais elle n’avait pensé comme ce matin là. Triste, mais jamais elle n’avait discuté aussi ouvertement avec un homme, un inconnu, un homme marié. Peut-être justement parce qu’il l’était, c’était drôlement moins impliquant, moins difficile. Elle se regardait dans le miroir et pour la première fois depuis longtemps, elle se trouvait belle. Ses cheveux semblaient plus lustrés, plus noirs qu’à l’habitude, son maquillage était drôlement parfait, sobre et avec éclat. Son chemisier lui moulait parfaitement la silhouette, elle se surprenait même à se tâter les seins et se dire qu’ils étaient encore bien fermes et hauts. Elle défît un bouton de plus pour offrir plus de décolleté. Ses mains ont glissé vers le bas, pour longer ses hanches bien formées, mais qui semblaient assez stupéfiantes qu’elle croyait avec sa jupe serrée. Elle pivota légèrement sur le côté pour voir le rebondi de ses fesses. Elle sourit en disant qu’il allait fort probablement aimer ça et même lui dire. Elle rougit légèrement puis regardât ses nouveaux talons noirs qui lui faisaient un superbe mollet. Oui, elle se trouvait belle. Il allait aimer.
Puis, elle sortit, souriante, presque sautillante, mais extrêmement nerveuse. Et s’il la trouvait nunuche. Si finalement il trouvait qu’elle en faisait trop… oh non, après leurs échanges et après avoir pris le temps de le connaître depuis des semaines, jamais il n’oserait. Au contraire, elle devrait assurément le retenir pour éviter qu’ils explosent tous les deux trop rapidement. Mais elle en avait drôlement envie… pour la première fois depuis si longtemps… elle sentait qu’elle devrait plutôt se contrôler elle-même que lui…
(à suivre)
Mademoiselle, faites-moi écrire!
Elle avait osé. Un court mot, quelques lignes. Écrivez-moi… et je l’avais fait. Sans la connaître autrement que par ses textes, son blog. Puis sa réplique par courriel… je ne vous connais pas mais j’ai terriblement envie de vous. Oseriez-vous ? Évasion ? Conquête ? Croisade ? Désir incontrôlable ? Qu’importe, elle osait.
Elle avait tout lu de moi, mes fantasmes, mes désirs, mes envies. Elle ne me connaissait que par mes obsessions. Je ne connaissais d’elle que son personnage, si personnage c’était… c’était peut-être elle vraiment… qu’importe encore, elle osait.
Elle m’a donné une adresse, un jour, une heure, une chambre. Elle ne voulait pas que nous échangions avant. Elle allait cesser immédiatement de m’écrire. Elle préférait même que nous disparaissions l’un de l’autre ensuite… juste une bulle intime furtive, une oasis au milieu du désert de nos vies. Un flash, un accro au rythme quotidien… qu’importe, elle osait.
Je me suis présenté au rendez-vous. J’ai cogné timidement à la porte. Elle a ouvert. Bang ! Danger, oh je savais que je ne devais pas venir… j’ai figé. Si belle… si…
Elle avait spécifié que peu importe… même si… elle irait au bout de son envie… eh bien, elle a souri. De ce sourire qui ne trahit pas. De ce sourire qui exulte, qui ne feins pas, qui illumine. Je suis entré, nous nous sommes regardés un instant. Je l’ai embrassé. Comme je n’ai jamais embrassé, comme si je ne devais plus embrasser. Nous avons valsé sans nous séparer des lèvres, tournant dans le petit espace de la chambre, cognant nos jambes au lit. Elle m’a assis sur le petit fauteuil demi-rond. Elle se tenait debout devant moi, une hanche exagérément sur le côté, une main bien installée dessus, un doigt sur les lèvres qui tapotait. Elle savait… son chemisier bien cintré, sa jupe courte bien moulante, ses bas fins, ses escarpins vraiment époustouflants… elle savait drôlement.
Elle m’observait. J’étais silencieux et très à l’aise. Elle ne bougeait pas trop. « Alors, Monsieur l’Obsessif, on fait quoi là ? » Mais, ma chère, à vous de décider ! C’était votre désir… je suis là… avec une folle envie de vous… vous êtes magnifique, vous êtes extrêmement séduisante… Nous pourrions jouer au Monopoly que je ne serais pas déçu ! Mais ce ne serait pas très Obsessif… et ça ne ferait probablement pas une jolie histoire… « …et que j’aimerais bien faire partie de vos histoires… pour sentir votre perception de moi… » et de la comparer à la vôtre ensuite n’est-ce pas ?
Mademoiselle, je suis votre cobaye. Faites-moi écrire, rendez cette histoire au-delà de l’imaginaire et du rêve ; faites que je sois incapable d’écrire simplement cette rencontre… faites que la rédaction de cette rencontre soit une aventure en soi.
citations de mi-semaine
La forme la plus subtile du fantasme érotique c’est prendre l’ascenseur au 3e et faire le voyage jusqu’au 8e avec comme seule compagnie le parfum de l’inconnue qui en est sortie au 2e.
Patrick Sébastien
Espérer l’inconnu, rêver de possibilités, fantasmer sur l’éventualité, la liberté de bander d’une occasion, d’une probabilité…
Le plaisir érotique est une course d’obstacles. L’obstacle le plus attrayant et le plus populaire est la morale.
Karl Kraus
Qu’est-ce que les bonnes mœurs ? Qu’est-ce qui est bien et ce qui ne l’est pas ? Qui dicte les règles ? Quelles règles suivons-nous ? Qu’est-ce que la morale et pourquoi devons-nous en suivre une plus qu’une autre ? Y a-t-il une meilleure morale qu’une autre ? Qui juge des morales ? Outrepasser, dépasser, enfreindre, franchir, surpasser… pour jouir, faut-il parfois longer le précipice ou simplement sentir que nous sommes si près ?
Et pour M… pour vous…
Tout l’art est érotique.
Gustav Klimt
AJOUT
Mais alors… pour vous chère… uniquement pour vous…
L’optimisme: elle est en retard… c’est qu’elle viendra.”
Sacha Guitry
Toxique
-Je ne peux plus moi. J’me brûle, j’suis trop près du rond de poêle rouge. Je goûte le poison au fond de ma gorge. Tu es une fille-toxique, trop belle et trop exigeante.
-C’est ce que tu voulais non ?
-Oui.
Elle me regardait de cet air canaille qui me trouble à tout coup. Assise si près de moi, sur ce tabouret, jambes croisées bas noirs et escarpins vertigineux, elle rayonnait de gloire, si près de sa victoire. Elle savait pertinemment que je voulais m’évader, quitter, m’éloigner avant de mourir et elle n’allait certainement pas laisser cette occasion de m’intoxiquer davantage, pour voir si elle peut encore gagner. Ce qu’elle savait sans l’ombre d’un doute.
Sa langue qui glisse sur sa lèvre supérieure, nonchalamment, son sourire étourdissant, sa main qui vient lentement frôler ma joue, tout était en place pour me permettre de baisser la garde. J’essayais tant bien que mal de garder le cap, mais comment voulez vous être fort quand ses seins me narguent sous le petit chemisier bleu-noirceur et que je sais très bien la forme de ses mamelons si appétissants.
Mais je résiste. Je dois m’éloigner, m’enfuir d’elle. Je le sais, Je le sens. Je le dois. Elle semble surprise de ma détermination, la même que j’ai exercé pour la conquérir semble me servir pour m’éloigner. Mais elle a des talents indéniables. Elle sait comment jouer, comment me faire bifurquer.
-Tiens, ça me fais penser justement… je viens tout juste d’acheter ce magnifique petite tailleur très joli, très seyant et sexy, noir comme tu aimes, avec des bas magnifiques et de nouveaux talons à te faire mourir… tu vois ?
-C… arrête… je ne flancherai pas.
-Oh, mais je ne dis pas ça pour ça… tu sais très bien ce que tu rates… pas besoin de te le dire…
Faut que ça cesse. Jamais je ne pourrai m’éloigner… déjà des images délirantes dans mon esprit s’agitent… oh ce que je vois là…
-Et tu sais, L… elle m’a parlé de toi encore… elle commence à ressentir ces envies qui te font délirer… tu sais… tu voulais nous photographier… à ton bureau… l’entrevue coquine… l’entrevue perverse… ça fait son chemin pas mal plus rapidement que tu penses…
Bang ! Désespoir ! Elle est forte et coriace. Elle manœuvre comme une reine. Chipie ! L… oh L… avec C. Damn, maudits fantasmes. Je vois déjà dans l’objectif de mon appareil…
-Non. Arrête. Comprends-moi. Ça devient insoutenable….
-Et si tu nous présentais ta fameuse G… tu sais… peut-être que tous les quatre…
Son regard alors, à cet instant, c’était machiavélique… elle me tenait littéralement par les couilles… littéralement, sa main venait tout juste de glisser sur mon membre durci… presqu’à la vue des autres clients du bar… J’étais figé ! Sur le point de succomber… Dites-moi, qui pourrait résister à ça ? Qui serait assez menteur pour dire à cet instant là que non, ce n’est pas une bonne idée… une proposition si pornographique…
Eh bien, je l’ai embrassée. Là. Direct. Puis je me suis retiré. En tournant les talons. Puis en sortant le plus vite que je pouvais. Sans regarder derrière.
Le poison venait à l’instant d’activer mes obsessions. Je mourrai bientôt. Heureux ? Je n’en suis même plus certain…
Je suis parti, je ne l’ai jamais revue. J’ai dorénavant le contrôle, je maîtrise mes obsessions. Je ne suis plus guidé par celles-ci, mais je les utilise à mon avantage. Je gère. Je « gestionne ». Je suis…
Je vis.
Ah… folles années!
Chez cette copine, les soirées étaient toujours complètement démentes dans ces années-là. Immense appartement-Parthénon, des pièces sans fin, isolé au bout d’une rue, au dernier étage au-dessus d’ateliers d’artistes presque toujours vides. Des groupes venaient jouer live dans le salon pendant que les gens dansaient jusque sur les corniches de béton ! Des passants osaient même parfois s’inviter à cause des sons magiques et des odeurs toutes aussi magiques qui émanaient jusqu’à la rue.
Ce soir-là, un trio fou de défoncés s’était mêlé aux invités. Deux filles assurément évadées d’un asile de démentes arborant des bodysuit noirs de latex et un maniaque habillé comme les deux autres, mais avec plus de maquillage et des faux seins bidonnants. Ils ont dévalé le corridor, se mêlant aux amis et distribuant des pétards à tout un chacun. L’art de se faire des amis vite fait !
Mon chum Steph, déjà pas mal aux orbites les regardait avec un air décontenancé et fasciné tout à la fois. Habitués aux filles folles, il se sentait déjà attiré d’une manière inquiétante. Je reconnais ses yeux à Steph lorsqu’il commence à bander dans sa tête. Le trouble s’installe, l’inattention le gagne, la lune le guette. Et, sa main sur sa braguette est sans équivoque.
Steph s’est approché du trio, a rapidement établit contact en offrant un pétard digne d’un barreau de chaise et a immédiatement collé une des deux folles. Pas farouche du tout, la folle s’est laissé tripoter en riant trop fort jusqu’à ce que le déguisé accroche Steph de sa grosse main velue à la gorge en le plaquant sans subtilité au mur. Steph, nullement dérangé a swigné son pied avec force entre les couilles de l’homme au bodysuit. Celui-ci s’est effondré à genoux. Steph, de son air tannant comme à l’habitude lui a soulevé le menton puis a agrippé une des folles pour la frencher sans délicatesse. Le grognement du gars était difficile à cerner : douleur physique ou morale ?
Ouvrant une porte qui donnait sur une des multiples chambres, Steph a emporté sa proie. Un couple était déjà assis sous la fenêtre, buvant à la bouteille un merveilleux Glenfidich assez âgé. Décadent. Ils ont souri et sont resté sur place, imperturbables. J’ai incité le gars à marcher sur ses genoux pour suivre Steph et la folle dans la chambre. L’autre bodysuitée déjà évanouie dans la foule, emportée par les copains dans une danse de corridor pleine de frénésie.
Steph dans son élégance toute masculine a dézippé l’immense fermeture éclair de la folle, qui se laissait délicieusement faire. De voir apparaître le magnifique dos de celle-ci et son cul appétissant a immédiatement provoqué chez moi une réaction physique assez évidente… j’ai bandé comme un dingue. Le gars à genoux marmonnait encore sa douleur lorsque Steph, d’une main avertie, basculait la folle à quatre pattes sur le lit sans couvertures et du même geste sortait son immense engin d’un diamètre toujours étonnant à voir.
Et Steph, enfourchât la folle directement, sans crier gare, sans avertissement préalable. Celle-ci, surprise, raidit le dos et s’arc-bouta avec vigueur avant de laisser sa tête retomber et sa chatte apprécier. Steph ramonait avec force, le gars marmonnait plus fort, mais tenait encore ses couilles à deux mains entre ses cuisses, assurément en douleurs insoutenables. Moi, j’attendais. Quoi ? Je n’en sais rien, mais je n’arrivais à sortir… le petit couple saoul regardait la scène d’un air désinvolte.
Puis, Steph m’a fait signe de profiter un peu de la chose et j’allai me placer devant la folle qui me regardait avec ses yeux dans le vide, mimant un drôle de mouvement de bouche à chaque coup de Steph dans son antre humide. J’ai soulevé son menton et enfoncé ma queue bien au fond de sa gorge. J’ai vu Steph s’activer encore plus rapidement… signe qu’il allait venir dans un très court lapse de temps. Oubliant la présence des autres, il tenait les hanches de la folle avec force et poigne. Son dos creusait vers le bas. Elle devait souffrir atrocement, mais ma queue dans sa bouche l’empêchait de gémir plus fort. Je suis venu. Par surprise. Sans m’y attendre. Peut-être trop défoncé pour sentir… mais assurément pas assez défoncé pour être à sec. La pauvre fille s’est étouffée. Steph est aussi venu, tout juste après moi, la demoiselle assumant ses spasmes d’orgasmes entre deux quintes de toux et deux geysers l’inondant des extrémités. Le pauvre mec qui se tenait les gosses tournait maintenant de l’œil… à croire que c’était sa blonde qu’on sautait !
Hey bien, il s’avéra que si… c’était effectivement sa blonde…
Et le duo bodysuité sortit ensuite de la chambre, le gars encore sous le choc mais un peu honteux, la fille souriante et disant presque merci… ils sont allés chercher leur complice qui dansait, endiablée, devant le bassiste du groupe qui jouait au salon assez fort pour décoller la peinture du mur du fond…
Ah… folles années !
tactile…
Je suis derrière vous.
Mes mains caressent vos épaules.
Fermez les yeux.
Laissez-vous bercer.
Mes mains qui descendent.
Sur votre poitrine.
Puis remontent le long de vos bras.
Avant de redescendre sur votre poitrine.
Puis vos seins.
Qu’elles contournent.
Qu’elles englobent.
Qu’elles caressent.
Puis ce chandail.
Serré qui moule bien vos seins.
Et mes mains qui remontent.
Remontant le chandail.
Pour laisser paraître votre soutien-gorge.
Votre respiration.
Accélérée.
Qui fait s’avancer vos seins.
Le chandail.
Au-dessus des monts et de la vallée.
Mes mains qui redescendent par les côtes.
Avant de revenir.
S’attarder encore une fois.
Maintenant.
Sur la peau apparaissant.
De vos seins.
Encore.
Doigts doux chatouilleurs.
Parfois plus brusques.
Souvent plus doux.
Légère pression.
Soulever votre soutien-gorge.
Par en bas.
Au-dessus.
Toujours sans regarder.
Juste des mains.
Découvrir vos seins.
Vos mamelons.
Vos auréoles.
Palper.
Caresser.
Sentir.
Ressentir vos seins.
M’y attarder.
Encore.
Toujours.
Entre mes doigts.
Légère pression.
Tressaillir.
Pincement.
Vous mordez vos lèvres.
Je le sens.
Mamelons au creux de mes paumes.
Puis pencher ma tête.
Au-dessus de l’épaule.
Pour enfin voir.
Enfin regarder.
Enfin admirer.
Et écouter le son de vos soupirs…
Je suis si mauvais danseur…
Je suis si mauvais danseur. Je n’ose plus danser. Je n’ai aucun sens du rythme. Je bouge par à-coups. Je n’ai aucun sens de la musique, la fée musicale ne s’est jamais penchée au-dessus de mon berceau, elle est passé directo ailleurs. Alors, je n’ai jamais été bon danseur, donc je ne danse plus.
J’ai souvenir toutefois du tango. J’ai souvenir de mon corps droit, de ma poigne ferme et douce, des pressions directrices et fluides, enfin une danse où mon expression prenait forme et revenait de droit. J’ai souvenir de ces regards surpris des femmes que je saisissaient pour danser, main derrière le dos, bien calée, frôlant tout juste le tissu, juste assez pour comprendre, juste assez pour sentir. Tout était dans le geste. Ce regard de ces femmes surprises me plaisait tant. Comme si instinctivement elles savaient. Et jamais je ne m’aventurais dans des pas complexes, des figures de styles alambiquées, non, je suivais pour la première fois de ma vie l’essence de la musique uniquement. Pas de bases, directives bien senties et placées juste au bon moment, arrêts, reprise, regards fixes au fond des yeux, toujours droit, toujours fort et souple.
J’ai souvenir agréable de ces corps qui obéissaient à mes gestes, à toutes les subtilités de pression, sans forcer, sans chigner. Oh je voyais régulièrement ces femmes qui trébuchaient aux mains de ces hommes trop entreprenants, trop fermes, ou trop doux. Ceux-là ne savaient pas le tango. Ils dansaient seulement. Tango, tout est dans le geste. Ces instants de purs ravissements où, nos joues se frôlaient j’humais l’odeur de sa chevelure et d’une pression bien comprise de l’épaule droite, de tout mon corps, elle se penchait vers l’arrière, offrant à la vue un décolleté admirable avant de remonter uniquement par la volonté de ma main et de mon corps. Et ces escarpins qui, parfois, lorsqu’elle sentait l’âme vive, remontaient mon mollet lentement, le temps d’une pause rythmique, entre deux longues notes de bandonéon, avant de retoucher le sol dans un subtil claquement, marquant la suite du tango. Ces instants restent immortalisés dans mon esprit comme étant ceux de ma plus grande expérience sensuelle jusqu’à aujourd’hui.
Et aujourd’hui, je n’ose même plus danser.